Cybersécurité infogérant : comment proposer de la sécurité à ses clients ?
Cybersécurité infogérant : par où commencer, quels services proposer, comment s'appuyer sur un SOC partenaire et rester l'interlocuteur unique de ses clients.
Pour proposer de la cybersécurité, un infogérant part de ce qu’il administre déjà (postes, messagerie, sauvegardes, pare-feu) et construit une offre en trois couches : l’hygiène de base, la protection des postes et des identités, puis la détection et la réponse 24/7. Cette dernière couche s’appuie en général sur un SOC partenaire, tandis que l’infogérant reste l’interlocuteur unique de ses clients.
Cet article fait partie de notre série Comment mettre en place un SOC managé ?. La cybersécurité infogérant ne se résume pas au SOC : celui-ci arrive au sommet d’un socle que l’infogérant maîtrise déjà en grande partie.
Pourquoi les clients attendent leur infogérant sur la sécurité
Pour une PME, l’infogérant est souvent le seul acteur technique de confiance. Quand un dirigeant s’interroge sur un risque, c’est lui qu’il appelle. Deux mouvements renforcent cette attente :
- NIS2 : l’article 21 de la directive prévoit, pour les entités concernées, des mesures de gestion des risques, dont la sécurité de la chaîne d’approvisionnement. Les clients régulés demandent donc davantage de preuves à leurs prestataires. Voir Suis-je concerné par NIS2 si mon client l’est ?.
- Le statut des infogérants eux-mêmes : les fournisseurs de services gérés figurent dans l’annexe I de NIS2. Voir NIS2 : les sous-traitants sont-ils soumis ?.
Les trois couches d’une offre de sécurité
| Couche | Contenu | Qui l’opère |
|---|---|---|
| 1. Hygiène de base | Correctifs, sauvegardes testées, comptes administrateurs séparés, double authentification, inventaire | L’infogérant |
| 2. Protection | EDR sur postes et serveurs, durcissement de Microsoft 365 ou Google Workspace, filtrage, pare-feu | L’infogérant, avec ses éditeurs |
| 3. Détection et réponse | Surveillance 24/7, qualification des alertes, confinement, CERT en cas d’incident grave | Le SOC partenaire, avec l’infogérant |
Couche 1 : l’hygiène, cœur du métier
Le guide d’hygiène informatique de l’ANSSI liste les mesures de base que toute organisation devrait appliquer. La plupart relèvent déjà du quotidien d’un infogérant : mises à jour, gestion des comptes, sauvegardes. Les formaliser dans le contrat et en rendre compte au client, c’est déjà faire de la cybersécurité.
Couche 2 : protéger les postes et les identités
L’antivirus classique ne suffit plus face aux attaques actuelles. L’EDR observe le comportement des postes et permet d’isoler une machine à distance. Voir Antivirus ou EDR : quelle différence ?. Côté cloud, la messagerie et les identités sont une porte d’entrée fréquente ; leur configuration doit être revue.
Couche 3 : détecter et répondre, 24 heures sur 24
Un EDR qui alerte à 2 heures du matin sans personne pour lire l’alerte ne protège qu’à moitié. C’est là qu’intervient le SOC managé : des analystes surveillent en continu, qualifient les alertes et appliquent les premières mesures. Voir Les 3 signaux faibles qu’un EDR ne voit pas sans SOC.
Construire son propre SOC 24/7 demande une équipe en rotation que peu d’infogérants peuvent financer. Voir SOC managé ou SOC interne : que choisir pour un MSP ?.
S’appuyer sur un SOC partenaire sans perdre la main
Le bon partenaire laisse l’infogérant au centre. Cyna travaille via ses infogérants partenaires :
- l’infogérant porte le contrat, la facturation et les rapports ;
- une console unique couvre tous ses clients, avec cloisonnement strict et droits par technicien ;
- l’intégration est native avec SentinelOne et Microsoft Defender, et des connecteurs existent pour Microsoft 365, Google Workspace, Stormshield et Fortinet ;
- le CERT de Cyna, membre de l’InterCERT France, peut être mobilisé rapidement en cas d’incident, et l’astreinte réponse à incident est joignable 24h/24 et 7j/7 depuis la page Déclarer un incident.
Les modalités (périmètre, licences) sont précisées dans le contrat conclu entre l’infogérant et Cyna, puis entre l’infogérant et son client. Les certifications et documents de sécurité de Cyna sont consultables sur son Trust Center, ce qui peut aider l’infogérant à répondre aux questions de ses clients régulés.
Les rapports peuvent être transmis sous la marque de l’infogérant : voir SOC marque blanche : comment un MSP peut-il le revendre ?.
Par où commencer
- Faire l’état des lieux de ses propres pratiques : l’infogérant est lui-même une cible, car ses accès ouvrent ceux de ses clients.
- Formaliser la couche 1 dans les contrats existants.
- Choisir un client pilote exposé ou régulé pour lancer la couche 3.
- Écrire la procédure d’escalade avec le SOC avant le premier raccordement. Voir Comment construire une procédure d’escalade avec un SOC ?.
- Préparer le discours : parler continuité d’activité et responsabilité du dirigeant, pas technologie. Voir Comment présenter une offre SOC à ses clients quand on est MSP ?.
Faire le point avec un expert
Vous êtes infogérant et vous voulez structurer votre offre de sécurité ? Si vous travaillez déjà avec Cyna, votre interlocuteur partenaire est votre premier contact. Sinon, contactez-nous.
Questions fréquentes
Un petit infogérant peut-il proposer de la cybersécurité ?
Oui. La couche d'hygiène relève de son métier, et la détection 24/7 peut être confiée à un SOC partenaire. Ce qui compte est de bien délimiter ce qu'il fait lui-même et ce qu'il confie au partenaire.
Existe-t-il un label pour les infogérants qui font de la sécurité ?
En France, Cybermalveillance.gouv.fr délivre le label ExpertCyber aux professionnels qui accompagnent les entreprises en sécurité. Il est attribué après un audit et peut rassurer les clients.
Faut-il imposer la sécurité à tous ses clients ?
L'hygiène de base devrait faire partie de tout contrat d'infogérance. Les couches supérieures se proposent selon l'exposition du client, ses obligations réglementaires et ses enjeux de continuité.
Comment éviter que le SOC prenne la place de l'infogérant ?
En clarifiant les rôles de chacun dès le départ, dans le contrat de partenariat. Cyna travaille via ses infogérants partenaires, qui portent la relation avec leurs clients.
- Directive (UE) 2022/2555 (NIS2), article 21 et annexe I, EUR-Lex
- Guide d'hygiène informatique, ANSSI
- Label ExpertCyber, Cybermalveillance.gouv.fr
Cet article fournit des informations générales à titre indicatif. Il ne constitue ni un conseil juridique, ni un engagement contractuel de Cyna : les conditions de service sont celles du contrat conclu via votre infogérant partenaire. Pour toute question réglementaire, rapprochez-vous de votre conseil juridique.