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Crise et continuité · 6 min de lecture

Qui contacter en cas de cyberattaque ?

Infogérant, prestataire de réponse à incident, 17Cyber, police, CNIL, CERT-FR, assureur : qui contacter en cas de cyberattaque, et dans quel ordre le faire.

Liste des interlocuteurs à prévenir après une cyberattaque

En cas de cyberattaque, le premier contact est votre infogérant ou votre prestataire de réponse à incident, pour contenir l’attaque. Viennent ensuite la plainte, la notification à la CNIL si des données personnelles sont touchées (le RGPD prévoit un délai de 72 heures), l’assureur et, selon votre statut, le CERT-FR. Pour vous orienter, 17cyber.gouv.fr propose un diagnostic gratuit.

Cet article fait partie de notre série sur la réponse à incident. Pour le cadre général, voir Qu’est-ce que la réponse à incident en cybersécurité ?.

Le bon ordre, en un coup d’oeil

InterlocuteurQuandPourquoi
Infogérant, SOC ou CERTImmédiatementContenir l’attaque et préserver les preuves
17cyber.gouv.frDès les premières minutes, si vous n’avez pas de prestataireDiagnostic gratuit et orientation
Police, gendarmerie ou procureurAvant de réinstaller les machinesEnquête judiciaire ; peut compter pour l’assurance
CNILSous 72 heures si des données personnelles sont touchées, selon le RGPDPrévu par le RGPD (article 33)
AssureurAu plus tôt, selon votre contratDéclaration de sinistre, prise en charge
CERT-FR ou CSIRT territorialSelon votre statutAppui technique de l’État
Clients, salariés, partenairesSelon la situationInformation et, le cas échéant, article 34 du RGPD

1. Votre infogérant et votre prestataire de réponse à incident

Le premier appel est technique. Il faut isoler les machines touchées, couper les accès de l’attaquant et préserver les traces. Cybermalveillance.gouv.fr recommande d’alerter immédiatement son service ou son prestataire informatique, de déconnecter les machines touchées du réseau sans les éteindre, sauf si un chiffrement est en cours, et de débrancher les sauvegardes connectées.

Si votre infogérant travaille avec un SOC managé et un CERT, ce sont eux qui prennent le relais pour l’investigation. Voir Que se passe-t-il quand un SOC managé détecte une attaque ? et Qu’est-ce qu’un CERT en cybersécurité ?.

2. 17Cyber, si vous ne savez pas par où commencer

17cyber.gouv.fr est le service d’assistance en ligne proposé par la Police nationale, la Gendarmerie nationale et Cybermalveillance.gouv.fr. Il pose quelques questions pour identifier l’attaque, donne les premières recommandations et oriente vers le dépôt de plainte. Cybermalveillance.gouv.fr permet aussi aux professionnels d’être mis en relation avec des prestataires référencés ou labellisés ExpertCyber.

3. La plainte

Une cyberattaque est une infraction. La plainte se dépose au commissariat de police, à la brigade de gendarmerie ou par écrit auprès du procureur de la République du tribunal judiciaire compétent. Cybermalveillance.gouv.fr insiste sur un point : la plainte doit intervenir avant la réinstallation des appareils touchés, pour que les preuves techniques restent disponibles pour les enquêteurs.

La plainte peut aussi avoir un enjeu financier : le dépôt de plainte peut compter dans le traitement d’un sinistre cyber par l’assureur. Les conditions applicables à votre situation sont à vérifier avec votre assureur et votre conseil juridique. Dans le doute, mieux vaut ne pas attendre : la plainte sert d’abord l’enquête, et les preuves s’effacent vite.

4. La CNIL, si des données personnelles sont concernées

Si l’attaque a exposé, modifié, chiffré ou détruit des données personnelles, l’article 33 du RGPD prévoit une notification de la violation à l’autorité de contrôle (la CNIL en France) dans les 72 heures après en avoir pris connaissance, sauf si elle ne présente pas de risque pour les personnes. Si le risque est élevé, l’article 34 prévoit aussi d’informer les personnes concernées. Selon la CNIL, la notification se fait en ligne sur son site.

Qui notifie, et qui informe qui, dépend du rôle de chacun au sens du RGPD et des contrats en place entre l’entreprise et ses prestataires. Ces points se clarifient de préférence avant l’incident, avec votre conseil juridique.

5. Le CERT-FR ou un CSIRT territorial

Le CERT-FR, centre de réponse de l’ANSSI, traite sur le plan technique les incidents concernant l’administration, les opérateurs d’importance vitale (OIV) et les entités essentielles et importantes. Il est joignable 24h/24 et 7j/7 au 3218, par courriel ou par déclaration en ligne. Les PME, ETI, collectivités et associations qui cherchent une assistance de proximité peuvent s’adresser à leur CSIRT territorial.

Pour les entités soumises à NIS2, l’article 23 de la directive prévoit une alerte précoce sous 24 heures, une notification sous 72 heures et un rapport final sous un mois, auprès du CSIRT ou de l’autorité compétente. Au 17 septembre 2026, la loi française de transposition n’est pas adoptée. Voir La réponse à incident est-elle obligatoire ?.

6. L’assureur

Si vous avez une assurance cyber, prévenez votre assureur au plus tôt et lisez les conditions de votre contrat : délais de déclaration, prestataires agréés, frais couverts.

Le cas des infogérants

Un infogérant dont le client est attaqué joue souvent le rôle de chef d’orchestre : il mobilise le SOC et le CERT, tient la chronologie des actions et aide son client à préparer plainte et notifications. Préparer cette liste de contacts avant l’incident fait gagner un temps précieux. Voir Quelle différence entre réponse à incident et gestion de crise ? et Que fait-on dans les premières heures d’une cyberattaque ?.

Faire le point avec un expert

Vous êtes attaqué ? Déclarez un incident : l’astreinte Cyna est joignable 24h/24 et 7j/7.

Pour préparer votre liste de contacts et votre organisation de crise, votre infogérant partenaire de Cyna est votre premier interlocuteur. Sinon, contactez-nous.

Questions fréquentes

Faut-il prévenir l'ANSSI pour toute cyberattaque ?

Pas nécessairement. Selon ses propres indications, le CERT-FR, rattaché à l'ANSSI, traite sur le plan technique les incidents de l'administration, des opérateurs d'importance vitale et des entités essentielles et importantes. Une PME ou une collectivité peut s'adresser à son CSIRT territorial ou passer par 17cyber.gouv.fr.

Le CERT-FR peut-il recevoir ma plainte ?

Non. Le CERT-FR précise lui-même qu'il n'est pas un service de justice ou de police recevant des plaintes. La plainte se dépose au commissariat, à la gendarmerie ou par écrit auprès du procureur de la République.

Que dit le RGPD sur l'information en cas de fuite de données chez un prestataire ?

L'article 33, paragraphe 2, du RGPD prévoit qu'un « sous-traitant » informe le « responsable du traitement » de toute violation de données personnelles dans les meilleurs délais. Le rôle de chacun dans votre situation dépend de vos contrats : votre conseil juridique peut le préciser.

Faut-il payer la rançon pour récupérer ses données ?

Cybermalveillance.gouv.fr recommande de ne pas payer : rien ne garantit la restitution des données ni leur non-divulgation. Voir La réponse à incident inclut-elle la restauration des données ?.

Sources & méthodologie
  1. Contact et déclaration d'incident, CERT-FR (ANSSI)
  2. 17Cyber, service de la Police nationale, de la Gendarmerie nationale et de Cybermalveillance.gouv.fr
  3. Fiche réflexe Rançongiciels, Cybermalveillance.gouv.fr
  4. Notifier une violation de données personnelles, CNIL
  5. Règlement (UE) 2016/679 (RGPD), articles 33 et 34, EUR-Lex
  6. Directive (UE) 2022/2555 (NIS2), article 23, EUR-Lex

Cet article fournit des informations générales à titre indicatif. Il ne constitue ni un conseil juridique, ni un engagement contractuel de Cyna : les conditions de service sont celles du contrat conclu via votre infogérant partenaire. Pour toute question réglementaire, rapprochez-vous de votre conseil juridique.

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