Quels types d'incidents de cybersécurité existe-t-il ?
Rançongiciel, compromission de messagerie, fuite de données, déni de service, intrusion : les grands types d'incidents de cybersécurité et la réponse adaptée.
Les incidents de cybersécurité se rangent en quelques grandes familles : infection par un code malveillant (dont le rançongiciel), intrusion et compromission de comptes, atteinte aux données (vol, fuite, altération), indisponibilité d’un service (déni de service) et fraude. Le type d’incident oriente les priorités de la réponse et les notifications à envisager.
Cet article fait partie de notre série sur la réponse à incident. Pour le cadre général, voir Qu’est-ce que la réponse à incident en cybersécurité ?.
Une classification de référence
Il n’existe pas de liste officielle unique. Les équipes de réponse européennes s’appuient souvent sur la taxonomie de référence publiée par l’ENISA, l’agence européenne pour la cybersécurité, issue des travaux des CSIRT et des services d’enquête. Elle classe les incidents en grandes catégories : contenus abusifs, code malveillant, collecte d’informations, tentatives d’intrusion, intrusions, atteintes à la disponibilité, atteintes à la sécurité de l’information, fraude et vulnérabilités.
Pour une PME ou un infogérant, une version simplifiée suffit. La voici, avec ce que chaque type implique pour la réponse.
| Type d’incident | Exemple | Priorité de la réponse |
|---|---|---|
| Rançongiciel | Serveurs chiffrés, demande de rançon | Isoler, protéger les sauvegardes, préserver les preuves |
| Autre code malveillant | Cheval de Troie, voleur d’identifiants | Identifier les postes touchés et ce qui a été volé |
| Compromission de compte | Boîte Microsoft 365 piratée après un hameçonnage | Couper les sessions, réinitialiser, chercher les règles de transfert |
| Fraude au virement | Faux changement de RIB envoyé depuis un compte compromis | Prévenir la banque au plus vite, porter plainte |
| Intrusion sur le réseau | Exploitation d’un VPN ou d’un serveur exposé | Fermer l’accès, chercher les mouvements latéraux |
| Violation de données | Exfiltration de fichiers clients | Mesurer l’étendue, examiner la notification prévue par le RGPD |
| Déni de service | Site ou service rendu inaccessible | Filtrer le trafic, activer les solutions de secours |
| Abus interne | Ancien salarié qui garde un accès | Révoquer, tracer, conserver les preuves |
| Compromission d’un prestataire | Outil de télémaintenance détourné | Couper l’accès du prestataire, vérifier tous les clients liés |
Les incidents les plus fréquents en entreprise
Le rançongiciel
C’est l’incident le plus visible. Cybermalveillance.gouv.fr décrit un scénario classique : intrusion par une faille ou un accès distant mal protégé, ou par un compte compromis après un hameçonnage, puis chiffrement des données, souvent précédé d’un vol de données utilisé comme moyen de pression. Les attaquants cherchent aussi à détruire les sauvegardes. Voir Attaques ransomware 2024 : entreprises les plus touchées.
La compromission de messagerie
Un compte de messagerie volé permet de lire les échanges, de créer des règles de transfert discrètes et d’envoyer de faux messages de paiement aux clients ou fournisseurs. Dans les environnements Microsoft 365, ces attaques passent souvent inaperçues sans surveillance. Voir Microsoft 365 : les attaques que les MSP ne voient pas venir et comment y répondre.
La violation de données
Elle peut résulter de presque tous les autres types d’incidents. Pour la notification prévue par l’article 33 du RGPD, auprès de la CNIL en France et en principe sous 72 heures, c’est la nature des données touchées qui compte, et non le mode d’attaque. Voir Qui contacter en cas de cyberattaque ?.
Un incident, plusieurs types
Dans la réalité, les types s’enchaînent. Un hameçonnage aboutit à une compromission de compte, qui donne accès au réseau, qui mène au vol puis au chiffrement des données. La classification sert donc surtout au début, pour orienter les premières actions, et elle évolue au fil de l’investigation.
Le cas des infogérants
Les infogérants sont exposés à un type d’incident particulier : la compromission de leurs propres outils (télémaintenance, supervision, comptes d’administration), qui ouvre la porte à plusieurs clients à la fois. Le règlement d’exécution (UE) 2024/2690 précise d’ailleurs les critères d’un incident important pour plusieurs catégories de fournisseurs numériques, dont les fournisseurs de services gérés et de services de sécurité gérés. Une surveillance commune à tous les clients aide à repérer ces attaques en cascade. Voir Qu’est-ce qu’un SOC multi-tenant pour MSP ?.
Ce qu’il faut retenir pour la réponse
Le type d’incident ne change pas les grandes étapes de la réponse : qualifier, contenir, investiguer, éradiquer, restaurer, tirer les enseignements. Il change l’ordre des priorités et les interlocuteurs. Voir Comment se déroule une réponse à incident ?.
Faire le point avec un expert
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Questions fréquentes
Une tentative d'attaque bloquée est-elle un incident ?
Elle relève plutôt de l'événement de sécurité. Elle devient un incident si elle a compromis, ou aurait pu compromettre, la disponibilité, l'intégrité ou la confidentialité des systèmes ou des données. Voir Qu'est-ce qu'un incident de cybersécurité ?.
Quel type d'incident déclenche une notification à la CNIL ?
Selon l'article 33 du RGPD, c'est la violation de données personnelles (destruction, perte, altération, divulgation ou accès non autorisé) qui est en jeu, quel que soit le type d'attaque, sauf absence de risque pour les personnes. L'appréciation d'un cas précis se fait avec le DPO ou un conseil juridique.
Une panne sans attaque est-elle un incident de cybersécurité ?
Une indisponibilité accidentelle peut entrer dans la définition large d'un incident au sens de NIS2, qui vise tout événement compromettant la disponibilité, l'intégrité ou la confidentialité. Elle se traite toutefois surtout par la continuité d'activité et non par une investigation.
- Reference Incident Classification Taxonomy, ENISA, janvier 2018
- Directive (UE) 2022/2555 (NIS2), article 6 (définitions) et article 23, EUR-Lex
- Règlement d'exécution (UE) 2024/2690 de la Commission du 17 octobre 2024, EUR-Lex
- Règlement (UE) 2016/679 (RGPD), article 4 et article 33, EUR-Lex
- Fiche réflexe Rançongiciels, Cybermalveillance.gouv.fr
Cet article fournit des informations générales à titre indicatif. Il ne constitue ni un conseil juridique, ni un engagement contractuel de Cyna : les conditions de service sont celles du contrat conclu via votre infogérant partenaire. Pour toute question réglementaire, rapprochez-vous de votre conseil juridique.